Apithérapie et pathologies nosocomiales

Les pathologies nosocomiales, contractées lors d’un séjour en milieu hospitalier, et généralement dues à des pratiques d’hygiène insuffisantes, sont reconnues actuellement comme un problème majeur de santé publique, de par leur fréquence, leur coût et leur gravité. Le risque d’attraper une surinfection à l’hôpital est de 7 %, c’est-à-dire que, sur 100 personnes hospitalisées, sept d’entre elles seront victimes d’une infection nosocomiale.

Ce chiffre varie en fonction de l’unité dans laquelle se trouve la personne.

Il peut en effet atteindre 30 % dans certains services comme ceux de réanimation. Il y a plu- sieurs milliers de morts par an dans chaque pays européen et le nombre d’amputations dues à cette multi-résistance est introuvable.

Les statistiques observées dans les pays développés font état d’une fréquence d’infec- tion par les maladies nosoco- miales variant de 5 à 12 %. Ce qui représente chaque année, plus ou moins 75 000 per- sonnes hospitalisées en Bel- gique, 600 000 en Allemagne

et 800 000 en France.

Dans 10 % des hôpitaux étudiés, la situation est même préoccupante. Dans 63 % des cas de bactériémies, celles-ci sont des infections

« primaires » d’origine inconnue ou en relation avec les cathéters. Les patients ayant eu une pathologie nosoco- miale restent en moyenne 4 fois plus longtemps aux soins intensifs (23,9 jours contre 6,7 jours). De plus, la mortalité est 4 fois plus importante chez ces patients.

Antibiothérapie inefficace

Ces infections sont de plus en plus difficiles à soigner, car les bactéries qui sont à l’origine de leur développe- ment, résistent maintenant à la plupart des antibiothéra-

pies. Le staphylocoque doré résistant sert de référence. Il est couramment désigné par 4 lettres : MRSA (methicillin-re- sistant Staphylococcus aureus) ou plus encore VRSA (vanco- mycine-resistant Staphylococ- cus aureus). Ces abréviations renvoient aux standards des antibiotiques avec lesquels ces micro-organismes étaient jusque-là facilement traités.

Les solutions

Plusieurs combinaisons d’ex- traits de propolis, de miels spécifiques et d’huiles essen- tielles chémotypées apportent des solutions à ces multi-ré- sistances. Ces préparations, entièrement composées de substances naturelles, que l’on peut utiliser en associa- tion avec les antibiotiques, présentent des effets anti- bactériens et cicatrisants extrêmement puissants. Pour

l’une d’entre elles, son effi- cacité a été prouvée lors de nombreuses études in vitro et in vivo, et a même obtenu le statut de médicament à Cuba, après des années de tests cli- niques menés dans les deux principaux hôpitaux universi- taires de La Havane.

La médecine naturelle apporte des réponses là où la médecine classique n’en a plus … »

Le Professeur Cherbuliez, alors Président de la Commission d’apithérapie d’Apimondia, avait supervisé, avec votre serviteur, ces études. Nous les avons conduites durant 6 années, de 2001 à 2006. Elles évitèrent, entre autres, 240 amputations.

C’est une solution intéres- sante à plus d’un titre, pour les hommes et les femmes traités bien sûr, mais aussi pour nos pays occidentaux, dont les budgets de santé explosent sous la pression de ces pathologies nosocomiales, afin de faire changer la mau- vaise image que véhiculent de plus en plus les établissements hospitaliers, et pour les pays en voie de développement qui manquent cruellement de médicaments.

C’est efficace, économique, durable, mais les lobbies pharmaceutiques et avec eux nos universités voient d’un très mauvais œil ce type d’approche. Qu’importe le patient…

« Pourvu que l’on ne se déva- lorise pas à faire de la méde- cine d’un autre âge » disent beaucoup de membres du corps médical.

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Mais cette nouvelle médecine est dans l’air du temps parce que le niveau de conscience bouge. Elle est de plus en plus moderne. Elle s’appuie sur de nombreuses publications universitaires. Aujourd’hui déjà, plusieurs hôpitaux aus- traliens, néo-zélandais, japo- nais, mais aussi européens, en Allemagne ou en Angleterre par exemple, s’ouvrent aux produits naturels. L’utilisation du miel de Manuka en est un exemple fort. Feu le Pro- fesseur Peter Molan était un leader reconnu mondialement sur ce thème et ses travaux servent de références pour bon nombre de cliniciens.

L’urgence d’une solution pour ce grave problème des bactéries multi-résistantes est une nécessité pour beaucoup de patients qui chaque jour souffrent. Nos médecins uni- versitaires, bien de chez nous, vont-ils rester encore long- temps de marbre ?

La médecine naturelle apporte des réponses là où ils n’en ont plus… qu’ils le dénient ou pas.

Professeur Roch Domerego Naturopathe – Apiculteur « Spécialiste mondial de l’apithérapie, le Professeur Domerego utilise les produits de la ruche à des fins thérapeutiques. Il est l’auteur de nombreux ouvrages de référence »

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