Le miel pour guérir les brûlures

Le miel pour guérir les brûlures

Durant mes années de coopération avec la faculté de médecine de la Havane, j’ai rencontré le professeur Juan Ramos, chef de service des grands brulés à l’hôpital universitaire Calixto Garcia.
Cela faisait des années qu’il utilisait un mélange de miel et de propolis pour soigner les brûlures du premier ou du second degré. Sa technique clinique était extrêmement différente de celle que je devais transmettre, mais elle était tout aussi performante.

Encore une fois, l’adage « nul n’est prophète en son pays" était vrai. Les experts internationaux que nous étions venaient enseigner, mais le maitre local n’était pas reconnu. Il s’agit du miel utilisé depuis la nuit des temps pour soigner les brûlures.

Deux techniques

Il faut d’abord refroidir la brûlure. L’eau glacée ou de la glace sont l’idéal. Puis une fois la plaie nettoyée, appliquer le miel hospitalier (un miel qui a passé les contrôles nécessaires) sur l’entièreté de la zone. Les miels de thym, de châtaignier, de manuka, ou même de lavande fine sauvage sont parfaits. Il faut recouvrir le miel d’une com- presse, puis d’une bande gazeuse. Et changer le pansement toutes les 24 heures. Là où la technique du Pr Juan Ramos différait, c’est qu’il ne changeait pas le pansement. Il le ré imprégnait de l’extérieur au pinceau médical ou à la spatule, mais le laissait en place jusqu’à ce qu’il tombe de lui-même, telle une croûte classiquement sur une plaie, une fois la peau reconstituée. La comparaison des statistiques des résultats des deux techniques nous amena à considérer que l’une ou l’autre se valaient. Cela dit, il lui arrivait de changer le pansement quand il considérait que celui-ci n’était plus assez imprégné ou trop sale.

Un formidable allié

Depuis toutes ces années j’ai rencontré d’autres chefs de service tout autour de la planète qui utilisaient le miel pour reconstruire, parfois de manière miraculeuse, des plaies qui étaient extrêmement dégradées : brûlures de guerre, chimiques, accidents de travail ou ménagers .Nombreuses sont les personnes qui ont pu, grâce au miel, rentrer chez elles et retrouver une vie quasi normale alors que leur état de départ avait un pronostic extrêmement défavorable.

Les études médicales sur la capacité curative du miel suggèrent qu’il a tendance à retirer l’humidité des cellules, et à fournir des substances anti- bactériennes qui vont éviter un ensemencement, tout en permettant à la peau de se reconstruire dans les meilleures conditions possibles. C’est en fait un remède polyvalent. Il est à la fois antibactérien, anti-inflammatoire et il favorise le renouvellement cellulaire.

Comme toujours, l’homme moderne redécouvre la nature là où, depuis des siècles, le bon sens populaire connait les bonnes choses. La modernité de compréhension des phénomènes biochimiques et des techniques cliniques apportent un complément indispensable aux millénaires d’expériences. C’est dans la médecine naturelle que se trouve une grande partie de l’espoir de demain. Dommage que certains y soient encore férocement opposés.